Soutien à Joann Sfar face à la haine
De quoi « sionistes hors de notre ville » est-il le nom ?
À Marseille, une affiche publiée sur les réseaux sociaux affiche le visage et le nom de Joann Sfar, barré du mot boycott et titré : « Sionistes hors de notre ville ».
Le pire c’est qu’elle est signée par un collectif de gauche réunissant des partis et des syndicats.
Cette chasse à l’homme odieuse est contraire à toutes les traditions du mouvement ouvrier. Elle fait suite à une série de campagnes particulièrement inquiétantes qui chaque fois visent des personnes juives.
Barbara Butch, icône queer devenue une cible de la haine sexiste antisémite et lesbophobe, l’acteur Gilles Lellouche, calomnié comme soutien de l’extrême droite…
Ces campagnes sont un indicateur inquiétant de l’antisémitisme dans notre pays. Nous devons les dénoncer.
Le mot « sioniste », indépendamment de toute position, est ici un alibi à une haine antijuive qui vise à exclure à chasser à calomnier, voire pire. Comme ces étudiants juifs ostracisés par des affiches des « Sionistes hors de nos facs ».
Ce mot d’ordre « Dehors les sionistes » essentialise celles et ceux qui refusent la disparition d’Israël. Il les considère comme des ennemis du genre humain.
En fait, aujourd’hui, l’appellation de « sioniste » et la détestation qui l’accompagne concernent également celles et ceux qui, tout en condamnant l’action du gouvernement israélien, n’acceptent pas la doxa selon laquelle il y a un génocide à Gaza. Et qui considèrent que le 7 octobre fut aussi un massacre antisémite.
Le stalinisme a utilisé le vocable « sioniste » pour désigner des Juifs. C’est ce temps que certains revivent avec délectation.
Le RAAR appelle les partis, syndicats et associations à dénoncer ces campagnes indignes, qui salissent et fragilisent le nécessaire soutien au peuple palestinien et ne font qu’encourager l’antisémitisme, déjà si répandu dans la société française.