Mélenchon : encore le fantasme d’un pouvoir Juif occulte
À l’occasion de la tentative d’interdiction du concert organisé par La France Insoumise place de la République le 21 juin 2026, finalement suspendue par la justice, Jean-Luc Mélenchon a de nouveau mobilisé l’un des plus anciens ressorts de l’antisémitisme politique : celui d’un pouvoir juif occulte qui commanderait les institutions de la République.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Jean-Luc Mélenchon a affirmé que l’arrêté d’interdiction avait été pris « à la demande du président du CRIF Yonathan Arfi et du maire PS de Paris Centre Ariel Weil».
Quelques jours plus tôt, le député LFI Thomas Portes avait déclaré à propos de cette interdiction :
« L’État cède aux demandes du CRIF et du maire de Paris Centre Ariel Weil (…). À qui obéit le préfet ? Qui donne les ordres ? »
Cette formulation n’est pas anodine. Depuis les manifs anti-vax de 2021, le « Qui ? » est devenu un code des milieux complotistes et antisémites pour suggérer l’existence d’un pouvoir juif caché sans avoir à le nommer. Placée immédiatement après la désignation du CRIF et d’Ariel Weil, la question « Qui donne les ordres ? » invite chacun à compléter lui-même la réponse.
Quelques jours plus tard, Jean-Luc Mélenchon lève toute ambiguïté. Dans un meeting, il affirme :
« Le CRIF, c’est une machine d’extrême droite où les ministres défilent pour aller bouffer. Ils sont aux ordres. »
Puis : « C’est le CRIF ! Ils sont aux ordres. »
Le sous-entendu devient alors explicite. Le récit proposé est celui d’un État qui déciderait sous l’influence, voire sous l’autorité, d’une organisation juive et de personnalités juives présentées comme les véritables détentrices du pouvoir.
La critique du CRIF, comme celle de toute organisation, est naturellement légitime. Ce qui ne l’est pas, c’est la réactivation incessante du fantasme selon lequel les autorités agiraient sous les ordres d’acteurs juifs supposés disposer d’un pouvoir occulte.
On pouvait penser qu’après sa déclaration de candidature à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon mettrait un terme à cette rhétorique. Manifestement, il n’en est rien. On est en droit de se demander si l’antisémitisme n’est pas désormais devenu un élément constitutif de sa stratégie politique.
Le RAAR le réaffirme : il n’est pas possible que la gauche héritière de l’émancipation des Juifs de 1791, du combat dreyfusard et de la Résistance au nazisme emprunte ce chemin.
Il mène au désastre : pour les Juif·ves comme pour la gauche elle-même.