Soutien à Eva Illouz victime d’une chasse infâme
Le nom d’une enseignante désignée à la vindicte, placardé sur les murs de la prestigieuse EHESS, où elle enseigne, voilà ce que se permettent désormais les antisémites.
Les 6, 7 et 8 octobre, probablement pour « célébrer » les massacres du 7-Octobre, une pancarte infâme : Illouz sioniste et EHESS complice a été apposée sur les murs du bâtiment de l’École des hautes études en sciences sociales.
Cette pancarte, régulièrement apposée puis retirée, livre ainsi la chercheuse Eva Illouz, à la vindicte publique, voire pire…
Car au-delà des atteintes morales à la personne, cette dénonciation publique est un appel ouvert à la chasse. Il est aussi une intimidation face à l’EHESS, « coupable » de complicité car hébergeant une « sioniste ».
Le caractère antisémite de cet acte, scandaleusement minimisé, voire justifié par certains, est pourtant flagrant. Associer un nom et l’adjectif « sioniste » sur une pancarte est un message de haine raciste. Car c’est bien l’identité réelle ou supposée de la chercheure qui est visée. Le terme sioniste ne désignant plus rien d’autre qu’une identité coupable….
Quelles que soient leurs origines, ces actes et ces slogans usent des mêmes mots et ont le même parfum de fascisme. Ils rappellent les campagnes antisémites de l’Allemagne nazie où le nom Juif était apposé sur les vitrines des magasins juifs, les enseignes des médecins des pharmacies etc…. Ils font aussi écho aux campagnes staliniennes, comme celles de la Pologne sous Gomulka en 68, qui exigeaient que les « sionistes » soient expulsés des universités.
Ces actes de haine et l’antisémitisme qui se répand dans les Université doivent être fermement dénoncés.
Commis en marge des mobilisations lycéennes et étudiantes, ils visent aussi à les affaiblir en les salissant. De même qu’ils constituent une injure à la nécessaire solidarité avec le peuple palestinien.
Le RAAR condamne fermement cette violence antisémite et demande aux Président-es d’Université de s’y opposer fermement, en défendant les enseignants et étudiants juifs désormais ouvertement menacés.
Il s’adresse aussi à toute la gauche, syndicats enseignants et lycéens, associations antiracistes, partis politiques et leur demande de réagir.
Il est indigne de consentir au silence.
Paris le 14 octobre 2026