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Tweet de Rima Hassan - @RimaHas Aux sionistes qui me lisent je veux leur dire vous êtes pour nous ce que les nazis étaient pour vous. Et ça vous suivra et hantera jusqu’à la fin des temps, jusqu’à la dernière goutte de sang, nous résisterons.

La gauche doit réagir à la rhétorique antisémite de Rima Hassan


Le RAAR condamne les propos de Rima Hassan assimilant les Juif·ves aux « sionistes » et les sionistes aux nazis.

Tweet de Rima Hassan - @RimaHas Aux sionistes qui me lisent je veux leur dire vous êtes pour nous ce que les nazis étaient pour vous. Et ça vous suivra et hantera jusqu’à la fin des temps, jusqu’à la dernière goutte de sang, nous résisterons.
Tweet de Rima Hassan – 5 févr. 2026

Son tweet repose sur une confusion volontairement entretenue, dont les implications sont graves. En adressant son message aux « sionistes » pour leur dire qu’iels seraient « ce que les nazis étaient pour vous », elle opère un glissement antisémite.

Car les nazis ne s’en prenaient pas aux « sionistes », mais aux Juif·ves. Dans cette phrase, le « vous » désigne donc implicitement les Juif·ves victimes des nazis. Ces propos s’inscrivent ainsi dans une longue histoire de discours antisémites. L’analogie mobilisée ne vise pas à critiquer une idéologie ou un État, mais à désigner un groupe comme un ennemi absolu. La suite du message — « jusqu’à la dernière goutte de sang, nous résisterons » — renforce cette lecture. Cette formule inscrit le propos dans un imaginaire de violence totale et contribue à banaliser un langage d’anéantissement.

Dans un contexte de violences bien réelles et de tensions extrêmes, un tel choix lexical est profondément irresponsable.

Dans un autre tweet visant nommément Ariel Weil, élu à la Mairie de Paris Centre, Rima Hassan le qualifie de « grand défenseur de l’idéologie coloniale sioniste » en pointant son lieu de naissance en « Palestine occupée » comme élément à charge. Critiquer un responsable politique en raison de son lieu de naissance constitue un procédé xénophobe. Par ailleurs, en contestant une nouvelle fois la légitimité de l’existence d’Israël, rebaptisée « Palestine occupée », elle s’affranchit du cadre du droit international qu’elle prétend incarner.

Ces sorties posent une contradiction politique majeure. La France insoumise affirme soutenir la solution à deux États — c’est-à-dire la reconnaissance du droit d’Israël à exister aux côtés d’un État palestinien.

Comment, dès lors, un mouvement politique peut-il laisser l’une de ses élu·es délégitimer ce droit constamment, et assimiler les « sionistes » dans leur ensemble (et implicitement les Juif·ves) à des nazis, sans clarification ni désaveu ? Cette absence de réaction interroge lourdement sur la cohérence politique et la responsabilité morale de ses dirigeant·es.

Plus largement, nous alertons sur la prolifération de récits complotistes imputant aux Juif·ves la responsabilité cachée d’événements criminels, en particulier dans l’affaire Jeffrey Epstein. Cette prolifération, à laquelle Rima Hassan participe abondamment sur ses réseaux sociaux, recycle des mythes antisémites anciens en se présentant faussement comme un discours de « dévoilement ». Nous dénonçons également avec gravité les accusations publiques formulées par Rima Hassan à l’encontre d’un journaliste, présenté comme étant « payé » pour dissimuler une prétendue vérité impliquant le Mossad dans l’affaire Epstein. Ces allégations infondées ont entraîné une vague de harcèlement en ligne, mettant en danger une personne identifiable et portant atteinte à la liberté de la presse.

Dans un autre tweet publié à la suite de l’intervention de Jean-Noël Barrot à l’Assemblée nationale, Rima Hassan affirme que celui-ci « a reçu un message du CRIF », sous-entendant que son discours lui aurait été dicté. Cette insinuation reprend un schéma classique de l’imaginaire antisémite : l’idée d’un pouvoir occulte attribué aux Juif·ves capables d’orienter les décisions publiques. Ce registre contribue à alimenter des clichés antisémites.

Rima Hassan a également dénoncé sur ses réseaux de prétendues pressions qui auraient conduit à l’éviction de Carrie Prejean Boller d’une commission américaine sur la liberté religieuse, en raison de ses déclarations antisionistes. Or, Carrie Prejean Boller est surtout connue pour son soutien affiché au mouvement MAGA et à des figures comme Donald Trump, Charlie Kirk, Tucker Carlson ou Candace Owens. Ses publications comportent des propos hostiles aux personnes LGBTQ+, ainsi que des contenus ouvertement antisémites, notamment la reprise de l’accusation de « peuple déicide ».

Présenter son éviction comme la conséquence d’un simple positionnement antisioniste revient à occulter ce contexte idéologique et à banaliser des prises de position qui relèvent clairement de l’extrême droite réactionnaire et de l’antisémitisme.

Rien — ni les crimes contre l’humanité commis à Gaza, ni l’indignation légitime qu’ils suscitent, ni la critique nécessaire de la politique du gouvernement israélien — ne saurait justifier :

  • l’analogie du sionisme avec le nazisme,
  • l’utilisation de l’anathème « sioniste » pour cibler les Juif·ves,
  • l’accusation collective et l’essentialisation,
  • la désignation de boucs émissaires,
  • la propagation de clichés antisémites,
  • la glorification implicite d’une violence sans fin.

L’antisémitisme n’est pas une opinion.

Le complotisme n’est pas une analyse critique.

Le harcèlement n’est pas un mode de débat.

Rendre hommage aux Juif·ves assassiné·es, comme Ilan HALIMI, est nécessaire mais ne suffit pas. Il faut aussi avoir le courage de nommer et de condamner les discours qui, en amont, rendent ces violences possibles.

Nous appelons l’ensemble des responsables politiques, militant·es, médias et organisations à faire preuve de responsabilité, à sortir du silence et à condamner sans ambiguïté ces dérives, car la lutte contre l’antisémitisme exige de l’intransigeance.