
Halte au massacre et à la déshumanisation des Palestinien·ne·s
La reprise des bombardements de Gaza nous fait craindre le pire. Le plan Trump/Netanyahou de massacre et d’expulsion des Gazaouis s’applique sous nos yeux. Au passage il montre à nouveau que le sort des otages est parfaitement secondaire aux yeux du gouvernement israélien.
Heureusement, un grand mouvement de protestation contre la reprise de la guerre est en train de se faire jour. 40 000 personnes ont déjà manifesté à Tel-Aviv mardi 18 au soir et une marche sur Jérusalem a lieu ce mercredi 19. Les familles d’otages jouent un rôle-clé dans cette mobilisation.
Alors que le droit international ne pesait déjà pas bien lourd face à Al-Assad, Poutine ou Netanyahou, sa fragilité s’est encore une fois révélée via la désinvolture avec laquelle la Maison Blanche et les dirigeants israéliens parlent de colonisation de territoires, de nettoyage ethnique ou encore d’annexion.
Les annonces de Trump, qui veut désormais expulser les Palestiniens·nes de Gaza dans des États en guerre en Afrique de l’Est ou même en Syrie, ont permis à une partie de l’opinion israélienne animée par l’idée de vengeance d’exprimer haut et fort des velléités de nettoyage ethnique, se faisant alors l’écho de son gouvernement. Smotrich, ministre des Finances mais aussi responsable des territoires occupés au sein du ministère de la Défense, fasciste et suprémaciste, a confirmé que son gouvernement était en train de créer une administration pour la migration « volontaire » des Palestiniens•nes de la bande de Gaza. Il ajoute enthousiaste : « Si nous expulsons 5000 personnes par jour, cela prendra un an ».
L’ambassadeur israélien à l’ONU, Gilad Erdan, a écrit sur X pour justifier le traitement des Palestiniens que « même en Allemagne nazie il y avait des Allemands qui ont sauvé des Juifs. Pas un seul Gazaoui n’a sauvé un seul otage. » Déclaration reprise, mot pour mot en France, par des éditorialistes, comme Simon Moos, rédacteur en chef du média IN+. Leur entreprise d’assimilation des Gazaouis à la population allemande sous le nazisme a pour conséquence la justification de leur anéantissement. Ce genre de procédé est typique des propagandes racistes visant à légitimer des crimes de masse.
Cette parole s’est retrouvée démultipliée dans la société occidentale et dans certaines interventions médiatiques. Si les soutiens inconditionnels de Netanyahou et un langage décomplexé nourrissaient déjà les commentaires sur le massacre des Gazaouis, cette croissance soudaine a de quoi inquiéter sur l’adhésion à un crime contre l’humanité annoncé et assumé.
Les réactions complaisantes, voire laudatives, d’éditorialistes montrent que la déshumanisation des Palestiniens·ne·s a atteint, en un an et demi, un paroxysme intolérable. Cette impunité ne peut perdurer et ces propos doivent être tenus pour ce qu’ils sont : des appels et des soutiens à une épuration ethnique.
Avant la reprise des bombardements, on estimait le nombre de morts à environ 50 000, dont 18 000 enfants, alors que 70% du territoire de Gaza est détruit. Notre réaffirmons notre solidarité avec les Palestinien·ne·s et avec le mouvement de protestation en Israël même, avec au premier rang les familles d’otages ainsi que nos ami·e·s du mouvement Standing Together.